Bas les masques


Matinée ensoleillée au lever.
La météo annonce une journée printanière. Les écarts de température  seront variables et importants au cours de la journée.
Je conduis, je me sens libre….
 
Cette phrase résonne encore en moi lorsque je croise Jeanne, immobile sur le seuil  de sa chambre.
Visiblement, elle ne partage pas mon insouciance et ma joie de vivre.
 
Le visage marqué, le regard inquiet et la main sur le ventre, elle attend… Qu’attend-elle? Que pense-t-elle ? Elle d’ordinaire si facétieuse, si joyeuse….
 
Je m’arrête, je rencontre son regard et je songe :
  - si tu savais combien ton présent, ta souffrance me trouble.
  - si tu savais combien tes farces me manquent, elles, qui tant de fois m’ont irritée.
  - si tu savais combien je voudrais revenir en arrière, bloquer le temps qui passe.
 
Je ressens des sentiments confus, empreints de tristesse, d’impuissance, de culpabilité et d’injustice. Mais tu es là, bien vivante, présente devant moi et l’espoir revient.
Que puis-je faire ? Que dois-je faire ? Où dois-je mettre le curseur ? 
 
Moment de rencontre intense, de partage sans paroles. La vie est là, entre nous, devant nous. Osons ! L’immensité de ce qui nous reste à faire ensemble nous submerge. 
Une porte s’ouvre… Une odeur de beignets nous invite à rejoindre la fête.
Je lui prends la main. C’est Carnaval… Mardi Gras….
 
mars 2011
Evelyne Mieszala