Anne-Claire BUCCIALI

Psychologue, Ligue contre le cancer, Colmar – vice-Présidente APOHR


Je vais seulement vous présenter, en quelques mots, l’intervention qui va suivre puisque l’intervention du Docteur BOIRON était prévue en fin de journée. Nous l’avions invitée, comme nous en avons l’habitude, pour être le témoin de cette journée. Etant donné l’absence de Monsieur AMSELLEN, nous lui avons demandé d’accepter de parler dès ce matin.

Nous avons découvert, l’an passé, dans la revue de psycho-oncologie, un témoignage qui a attiré notre attention. C’est celui d’un médecin oncologue, le Docteur BOIRON. Elle est praticien hospitalier dans un service d’oncologie médicale à Paris. 

Ce témoignage a été écrit après avoir elle-même été confrontée à l’expérience de la maladie cancéreuse. Le Docteur BOIRON évoque, dans ce texte, ce qu’elle a vécu, la brutalité de se voir basculer, du jour au lendemain, d’être normal à être cancéreux. Elle écrit aussi comment, dans ce double statut de médecin et de malade, avec et malgré son savoir objectif de médecin, elle se trouve, elle aussi, traversée par ce « pourquoi moi », comme tant de malades, ce sentiment d’injustice, de culpabilité, par tout ce bouleversement de la temporalité, dans le rapport à soi-même et aux autres, l’extrême solitude éprouvée devant l’indifférence de certains interlocuteurs ou la frustration de se voir réduite par certains ou dans le regard de certains à sa part malade. 

En tant que médecin, elle jette aussi un regard lucide et attentif sur ce qui, dans l’attitude des professionnels, soutient la capacité de la personne malade à faire quelque chose de cette expérience, l’aide à avancer dans la construction de soi-même. 

Au-delà de l’épreuve douloureuse et fragilisante qui modifie fondamentalement le vécu et la vie, nous dit Claude BOIRON, vient l’écoute. L’accompagnement et la confiance qui se construisent entre le malade et ses interlocuteurs sont essentiels pour aider celui-ci à faire de l’expérience un chemin de vie qui l’amènera parfois encore plus vite et encore plus loin ainsi qu’elle en a fait le constat pour elle-même. 

Nous vous remercions vivement, Claude BOIRON, d’avoir accepté de partager avec nous ce témoignage. Vous verrez qu’il est source d’une réflexion extrêmement précieuse pour nos pratiques professionnelles. 

Applaudissements.