Lecture simultanée à deux voix : Céline & Claudine


– J’ai fait l’expérience de la métamorphose, d’un seul coup, et lorsqu’elle s’est produite, elle m’a atteint comme un arrêt de mort. Tremblement de terre, répliques nombreuses, effondrement et vie réduite. Enfermement et désir d’échapper, vouloir remonter le temps, au corps sans problème, à la vie sans peurs, à celle que l’on peut partager.
Drôle de vie d’ailleurs, une part de soi s’arrête et se fige tandis que l’autre continue à vivre, à parler, à y croire. Attendre, sans cesse sur le qui vive, ne pas se perdre, s’appuyer sur l’autre, l’autre qui est là, pas là, ailleurs.
Quand elle s’est produite, c’est le temps qu’elle a d’abord divisé, entre un avant et un après, me laissant sans repère, privé de moi, en souffrance.
 
– Je fais l’expérience de la métamorphose, de ce qui me transforme à son contact. Pareil ? Pareil en humanité alors parce qu’il questionne, interroge la vie, la mort. Parce que ses questions entrent en résonnance avec les miennes, qu’elles résonnent en moi par ondes successives comme un caillou fait des ronds dans l’eau, révélant des zones sensibles, m’entraînant là ou je ne veux pas aller.
Se laisser toucher alors, condition de la rencontre ? Ne pas opposer de suite technique et théorie, artifices divers.
Etre là !
Mais alors jusqu’où accepter d’engager sa personne, sa pensée, son inconscient, ses émotions, son corps ?
 
 
Philippe Ackermann