Anne-Claire BUCCIALI

Psychologue, Ligue contre le cancer, Colmar – Vice-présidente APOHR


Merci, Mademoiselle FIAT, pour vos paroles et votre soutien. Je remercie également l’ensemble des intervenants qui ont accepté notre invitation à cette dixième journée.  
Je dois excuser Madame Danièle PORTAL, Directeur du CHM de Mulhouse qui ne pourra pas être présente.
Je voudrais également vous dire quelques mots à propos de ce dixième anniversaire.
Cette belle aventure, entamée voilà dix ans, s’est amorcée à la faveur d’une conférence organisée par nos collègues mulhousiens qui avaient invité Nicole ALBY, Psychologue et une des pionnières du travail en psycho-oncologie, sur le thème « Cancer et Souffrance psychique ». Cette réunion qui avait, à la surprise des organisateurs, réuni plus de 300 personnes, les a motivés pour tenter d’y donner une suite.
La suite, vous la voyez ici aujourd’hui. Vous y êtes. C’est ce qui a permis la création de l’Association de Psycho-Oncologie du Haut-Rhin, la mise en place de ces Journées qui se poursuivent grâce à votre présence, votre motivation, votre fidélité jusqu’à ce jour. Nous espérons bien pouvoir continuer encore longtemps.
Votre fidélité, c'est celle de professionnels qui ne conçoivent pas leur travail comme simplement l’accroissement d’un savoir-faire technique ou l’application de procédures standardisées mais comme un engagement, une rencontre, et qui veulent avoir l’occasion de questionner ce que cet engagement met en jeu ; de partager aussi ce questionnement dans une réflexion interdisciplinaire que nous nous sommes toujours attachés à apporter dans ces journées. Merci d'être présents aujourd'hui encore : L’aventure continue !
Merci aussi à ceux qui nous ont permis d’organiser ces journées au fil des années, à savoir tous nos partenaires : les deux hôpitaux Haut- Rhinois, le Comité départemental de la Ligue contre le cancer, les laboratoires et prestataires de services et les associations qui nous soutiennent activement.
Le cancer, c’est dans le corps que cela se passe. Dans l'époque que nous vivons, ce corps dont l’histoire – nous dit la philosophe Isabelle QUEVAL–« a longtemps été celle du destin humain soumis à l’étroitesse d’une condition souffrante et mortelle », ce corps, jamais l’homme n’a eu un tel savoir et un tel pouvoir sur lui. Nous sommes dans l’ère d’un corps mesuré, élucidé, maîtrisé, modelé, un corps « produit », un corps « construit », un corps « rationnel ».
Le savoir accru sur son fonctionnement induit du coup une responsabilité : du droit à la santé, affirmé au milieu du 20ème siècle comme un droit fondamental de tout humain, nous en arrivons à une injonction à la santé, une obligation à la santé : « tu sais, donc tu dois ».
Dès lors ,quand malgré ce savoir, malgré ce que nous faisons pour toujours approcher de plus près un «  corps idéal » dont nous faisons quasiment une norme – un corps sain, en bonne forme, performant – quand ce corps tombe malade, nous échappe, nous trahit, ne risquons-nous pas d’y voir l'effet d'un manque de vigilance, d’une prise de risque, d’une faute, d’un échec ? 
Quelle conséquence cela a-t-il sur notre rapport à ce corps, quel regard portons-nous sur lui ?
Le cancer menace tout particulièrement l’intégrité physique et nous avons repris, dans l’argument de cette journée, cette violence faite au corps que les différents intervenants vont maintenant, à partir de leurs réflexions et de leurs propres expériences, développer dans tous ses aspects. 
Je vous souhaite une journée fructueuse et je suis heureuse d’appeler à la tribune, pour présider cette matinée, Nicole PELICIER, Présidente de la Société Française de Psycho-Oncologie, Société avec laquelle nous entretenons, depuis toutes ces années, des liens solides et amicaux. Vous l’avez déjà entendue ici, en 2005, lors du thème de la journée « Temporalité et cancer ».
Merci d’avoir accepté de participer à cette journée. Je vous donne la parole.
 
Applaudissements.