Les innovations thérapeutiques ouvrent régulièrement de nouvelles perspectives aux patients atteints de cancer.

En effet, lorsque la guérison n’est plus de l’ordre du possible, de nouveaux traitements permettent parfois de stabiliser la maladie, de mieux la contrôler, pendant un laps de temps toujours plus grand.

Le dessein poursuivi n’est alors pas tant de remporter le combat contre le cancer, mais bien de permettre aux malades de vivre avec, le plus longtemps possible, repoussant ainsi l’échéance de la mort.

Le discours médical a suivi ce nouveau paradigme, présentant de plus en plus le cancer aux patients comme une maladie potentiellement chronique, ouvrant de fait à une autre temporalité psychique et physique possible : Il reste encore du temps devant soi.

Mais quels impacts subjectifs cela peut-il avoir sur le vécu du patient ? Celui de ses proches ?

L’idée même de la maladie stabilisée, présente/absente, induit-elle une autre forme de vulnérabilité?

Peut-elle au contraire offrir un socle contenant psychiquement ?

De quelles angoisses nous parlent ces malades, ces aidants, confrontés à cette notion de chronicité ?

Comment cheminer avec la maladie, toujours là en sourdine ?

Comment vivre cette temporalité, marquée par plusieurs phases de traitement, de rémission, de rechutes ?

Durer, endurer… Peut-on parler d’endurance ? Si oui, jusqu’où ? Jusqu’à quand lorsque l’usure, l’épuisement occupent à un moment donné le devant de la scène ?

Pour autant, ce temps en plus, ce sursis, ne peut-il pas aussi offrir au sujet l’opportunité de se réinventer ? De revoir ses priorités pour vivre autrement, voire même plus intensément le présent ?

Comment les soignants s’approprient-ils cette notion de chronicité ? Comment vivent-ils ces prises en charge sur la durée ? Et pour nous «psy», quels effets sur nos accompagnements ?

Finalement, cet angle de vue de la chronicité change-t-il réellement les représentations sous-jacentes du cancer ?
Lecture et mise en scène par la Compagnie « Tadam Improvisation » de textes issus du travail d’ateliers d’écriture patients et soignants animés par Stéphanie Seiler
Avec le support des photos de Patrick Urbani

8h30 : Allocution d’ouverture : Aude MOROT
, Présidente APOHR

8h45 : Présidente de journée : Catherine Gruntz, APOHR, Psychologue, Hypnothérapeute en cabinet privé (Suisse)

9h00 : Dr Donatien MALLET
Professeur associé en soins palliatifs, Faculté de médecine de Tours, unité de soins palliatifs de Luynes - CHRU de Tours
« Comment le temps nous construit et comment nous construisons le temps : l’exemple de l’oncologie »

10h00 : Dr Magali EDEL
Oncologue, Chef du service d’Oncologie médicale du GHRMSA, coordinatrice du 3C (Centre de Coordination en Cancérologie) Sud Alsace Mulhouse
« Le cancer : objectif rémission chronique »

11h-11h15 : Pause

11h15 : Aurélie BOUHELIER
Psychologue clinicienne, Doctorante en psychologie clinique, Besançon
« Hérédité génétique et héritage psychique : Quand le cancer du sein scelle l’« écho-système» familial : quels enjeux psychiques pour les patient(e)s/consultant(e)s et leurs proches ?

12h15-13h30 : Pause repas

13h30 : Dr Patrick LEDEE
Praticien Hospitalier travaillant en structure de douleur chronique du GHRMSA Mulhouse, Doctorant en éthique dans un laboratoire de philosophie de L’Unistra
« Trois usages du verbe attendre pour penser la chronicité »

14h30 : David LE BRETON
Anthropologue et Sociologue, Professeur à l’Université de Strasbourg
«Tenir face à la douleur : Une approche anthropologique »

15h30 : Edith LOMBARDI
Psychologue clinicienne et Conteuse
« Contes et récit de vie : quand la maladie grave percute la capacité du sujet à se dire. »

16h30 : Conclusion