22 ème Journée Haut-Rhinoise de Psycho-Oncologie | 2023

Cancer et chronicité : une nouvelle temporalité ?

  • 23 juin 2023

Les innovations thérapeutiques ouvrent régulièrement de nouvelles perspectives aux patients atteints de cancer.

En effet, lorsque la guérison n’est plus de l’ordre du possible, de nouveaux traitements permettent parfois de stabiliser la maladie, de mieux la contrôler, pendant un laps de temps toujours plus grand.

Le dessein poursuivi n’est alors pas tant de remporter le combat contre le cancer, mais bien de permettre aux malades de vivre avec, le plus longtemps possible, repoussant ainsi l’échéance de la mort.

Le discours médical a suivi ce nouveau paradigme, présentant de plus en plus le cancer aux patients comme une maladie potentiellement chronique, ouvrant de fait à une autre temporalité psychique et physique possible : Il reste encore du temps devant soi.

Mais quels impacts subjectifs cela peut-il avoir sur le vécu du patient ? Celui de ses proches ?

L’idée même de la maladie stabilisée, présente/absente, induit-elle une autre forme de vulnérabilité?

Peut-elle au contraire offrir un socle contenant psychiquement ?

De quelles angoisses nous parlent ces malades, ces aidants, confrontés à cette notion de chronicité ?

Comment cheminer avec la maladie, toujours là en sourdine ?

Comment vivre cette temporalité, marquée par plusieurs phases de traitement, de rémission, de rechutes ?

Durer, endurer… Peut-on parler d’endurance ? Si oui, jusqu’où ? Jusqu’à quand lorsque l’usure, l’épuisement occupent à un moment donné le devant de la scène ?

Pour autant, ce temps en plus, ce sursis, ne peut-il pas aussi offrir au sujet l’opportunité de se réinventer ? De revoir ses priorités pour vivre autrement, voire même plus intensément le présent ?

Comment les soignants s’approprient-ils cette notion de chronicité ? Comment vivent-ils ces prises en charge sur la durée ? Et pour nous «psy», quels effets sur nos accompagnements ?

Finalement, cet angle de vue de la chronicité change-t-il réellement les représentations sous-jacentes du cancer ?